"La formation est au cœur de ma pratique d'auxiliaire de vie"

Auxiliaire de vie à domicile depuis maintenant 4 ans, Célia souhaite nous raconter aujourd’hui pourquoi son métier est un des métiers les plus humains du monde et comment la formation s’inscrit dans sa pratique d’auxiliaire de vie au quotidien.

Accompagner une personne âgée, c'est rentrer dans son histoire de vie

Quand on fait ce métier, on rencontre beaucoup de personnes âgées différentes, elles ont toutes une histoire derrière elles. Cette histoire devient ensuite propre à la prise en charge qu’on va avoir chez la personne. On ne peut pas passer à côté. On doit prendre le temps de connaître les gens. En terme d’affect c’est parfois difficile, on peut se retrouver face à des gens qui sont un peu comme nous, qu’on a envie d’aider un peu plus que les autres. Une chose est sûre, on ne doit pas se placer dans le jugement, on doit rester sur ce dont la personne a besoin sur le moment. Si on se retrouve à son domicile, c’est qu’elle en a besoin et on doit rester axé là dessus. On doit savoir dissocier son histoire du travail qu’on va faire. Et ça c’est compliqué, justement parce qu’il y a de l’humain.

Se former pour se connaître soi-même et mieux prendre soin des bénéficiaires

"En formation on apprend à se connaître soi-même, à connaître ses limites mais aussi à dialoguer, à converser avec les personnes âgées qui sont toutes différentes".

On se demande souvent comment réagir face à certaines situations. Si on ne se connait pas assez, on ne peut pas avoir les bonnes réactions. En formation on apprend à se connaître soi-même, à connaître ses limites mais aussi à dialoguer, à converser avec les personnes âgées qui sont toutes différentes. C’est là toute l’utilité de la formation : on apprend à s’adapter et à avoir les bons mots face aux personnes qui ont des pathologies lourdes. L’humain dans nos métiers d’accompagnement, c’est en grande partie apprendre à se comporter en fonction de chacun. Pour donner un exemple concret, ce que j’ai pu apprendre en formation, c’est gérer en intervention certains traits de mon caractère qui me dépassent. Je suis souvent trop franche dans la vie. Les formations m’ont appris à employer les bons mots tout en restant moi-même. En résumé, j’ai appris à me positionner. Mon franc-parler fait partie de moi mais je dois l’adapter à mes bénéficiaires que je vois tous les jours. J’ai appris à appréhender comme légitimes les sentiments que je pouvais parfois ressentir.

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Apprendre à gérer sa charge émotionnelle à travers les formations

C’est important de questionner la notion de distance. Il en faut car on reçoit beaucoup d’émotions de nos bénéficiaires en intervention. C’est un métier particulier. Parfois, on est bouleversé quand on rentre chez nous. On nous dit souvent cette fameuse phrase «il ne faut pas s’attacher». C’est compliqué de ne pas s’attacher… C’est propre à notre métier, on crée un lien et par conséquent on peut s’attacher à nos bénéficiaires, à tel point que ça peut être douloureux. Pour pouvoir se sentir mieux avec ça, on a mis en place un rituel lors de nos formations. Quand on a fini notre journée, on essaye de trouver ce qui va dire à notre cerveau que la journée est finie. Moi j’écoute de la musique. Ça marque la fin et le retour dans ma vie à moi, avec mes proches. On ne peut pas contrôler les émotions mais on peut contrôler ce qu’on transmet avec cette émotion. La formation nous permet de nous donner des pions pour pouvoir se décharger. On voit 3-4 personnes différentes dans la journée avec des histoires différentes : émotionnellement, psychologiquement, ça peut esquinter.

"L’objectif pour bien accompagner une personne âgée, c’est d’avoir les clés pour bien le vivre au quotidien".

L’objectif pour bien accompagner une personne âgée c’est d’avoir les clés pour bien le vivre au quotidien. Et ça nous aide. Introduire l’aspect humain de notre métier dans les formations nous permet d’effectuer un travail sur nous même pour pouvoir mieux accompagner les personnes âgées.

Le coeur de la formation : la transmission

Transmettre mon savoir sur les dimensions humaines de nos métiers d’accompagnement est important pour moi. C’est pour cette raison que j’ai envie de devenir formatrice après mon expérience d’auxiliaire de vie. J’aimerais que les gens que je forme apprennent en premier lieu ce qu’est l’humain, avant d’apprendre la technique. Evidemment, sans technique on y arrive difficilement mais je pense qu’il manque de l’humain dans l’apprentissage de ce métier. Je dis toujours qu’une personne âgée préfère un intervenant moins perfectionniste dans la technique mais qui vient avec sa bonne humeur.

"Former c’est apprendre aux professionnels à se créer un espace rassurant."

Apprendre à se connaître, apprendre à réagir à certaines situations qui peuvent être compliquées c’est indispensable. S’imprégner des pathologies, c’est très important aussi. J’ai envie d’apprendre aux futurs auxiliaires de vie à anticiper les discours qu’ils pourront avoir. Former c’est apprendre aux professionnels à se créer un espace rassurant.

Avec ce métier, j’ai souvent eu le reflet de ce que je peux être demain. Demain je peux aussi avoir besoin d’aide et dans ce cas j’aimerais avoir un ou une auxiliaire humain(e).

Célia, Auxiliaire d'envie.

Cet article est à retrouver dans la troisième édition du magazine Alenvi que vous pouvez consulter et télécharger ci-dessous.

Découvrez également un article de Blaise, formateur, qui explique la nécessité de développer son intelligence émotionnelle en tant qu'auxiliaire de vie.

Cet article est à retrouver dans la troisième édition du magazine Alenvi que vous pouvez consulter et télécharger ci-dessous.

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