Auxiliaire de vie pour personnes âgées, comment développer son intelligence émotionnelle ?

Blaise de Lanlay, formateur qui intervient auprès des auxiliaires de vie d'Alenvi, explique l'importance dans ce métier de développer des compétences relationnelles et émotionnelles pour accompagner au mieux les personnes âgées et apprendre à gérer sa charge émotionnelle.

Prendre soin de soi pour mieux accompagner les personnes âgées

Bien sûr, le métier d’auxiliaire de vie est un métier technique. Lors de leur formation, chaque auxiliaire apprend un ensemble de tâches qu’elle pourra ensuite déployer auprès du bénéficiaire afin de l’accompagner au mieux.

La confrontation avec le réel leur rappelle combien il est important de développer aussi leurs compétences relationnelles et émotionnelles...

L’apprentissage de ces tâches est essentiel; mais, au sortir de leur formation, la confrontation avec le réel leur rappelle combien il est important de développer aussi leurs compétences relationnelles et émotionnelles pour mieux prendre en soin les bénéficiaires… mais aussi mieux prendre soin d’eux-mêmes.

Parce qu’ils travaillent à domicile, ils côtoient l’univers intime du bénéficiaire, son histoire, et sont au plus proche des émotions de ceux qu’ils accompagnent. Et parce que l’être humain est un mammifère, nous avons tendance, comme tous les mammifères, à montrer nos émotions lorsque nous nous sentons en sécurité, c’est-à-dire chez nous. Combien de personnes par exemple contiennent toute la journée certaines émotions au travail et finissent par reporter leur agacement chez eux ?

Réguler la charge émotionnelle accumulée dans la pratique du métier d'auxiliaire de vie

Les auxiliaires sont donc en contact avec tout l’éventail émotionnel que le bénéficiaire déploie chez lui: joie, tendresse, rires, mais aussi colère, peur, tristesse… autant d’émotion qu’ils accueillent et dont ils se chargent, comme se gonflerait une éponge plongée dans une bassine d’eau : c’est ce qu’on appelle la «charge émotionnelle».

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Afin qu’ils puissent accompagner au mieux les bénéficiaires dans leurs émotions, mais aussi qu’ils apprennent à réguler en toute autonomie cette charge émotionnelle, il est essentiel qu’ils apprennent à développer leur intelligence émotionnelle.

Le concept «d’intelligence émotionnelle» a été proposé en 1990 par les psychologues Peter Salovey et John Mayer, en opposition avec celui de «QI», le quotient intellectuel. L’intelligence émotionnelle est un ensemble de capacités qui peuvent se développer tout au long de la vie et qui permettent de mieux se connaître, de mieux comprendre nos émotions et celles des autres et ainsi de communiquer de façon bienveillante et constructive avec son prochain.

Parce qu'elle permet de développer sa conscience et sa réflexion au lieu de se laisser emporter par des réflexes primitifs, l'intelligence émotionnelle est une chance.

Apprivoiser ses propres émotions contribue au bien-être des personnes âgées

Parce qu’elle permet de développer sa conscience et sa réflexion au lieu de se laisser emporter par des réflexes primitifs, l’intelligence émotionnelle est une chance. Voici un conte qui illustre cette approche :

Une petite fille très en colère contre un ami qui s’est montré injuste avec elle va chercher du réconfort auprès de son grand père. Celui-ci lui raconte alors cette histoire : «Il y a deux loups en nous. Ils se livrent un combat pour dominer notre esprit, et ce combat peut durer jusqu’à l’aurore. L’un des loups est agressif, envieux, autoritaire et destructeur. L’autre loup au contraire est patient, bienveillant et à l’écoute.»

Après un moment de silence, la petite fille demande alors à son grand-père : «mais alors, lequel des deux gagne?» Celui-ci lui répond simplement : «celui qui gagne, c’est celui que tu nourris?»

Voilà le sens des formations d’intelligence émotionnelle à destination des auxiliaires de vie : découvrir et s’entraîner à ces différentes approches comme la communication non violente ou la méditation de pleine conscience; ce sont autant d’outils qui les aideront à nourrir en eux-mêmes le loup patient, bienveillant et à l’écoute pour leur bien-être et pour celui de ceux qu’ils aiment tant accompagner.

Blaise de Lanlay.

Cet article est à retrouver dans la troisième édition du magazine Alenvi que vous pouvez consulter et télécharger ci-dessous.

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