Aider les auxiliaires de vie à prendre du recul pour mieux vivre leur métier

Accompagner une personne âgée peut parfois être une mission déstabilisante. Les comportements évoluent, se transforment, entraînant un sentiment de solitude et des situations qui désorientent. Dans tous les cas, ce voyage ne laisse pas insensible.

Nous nous sommes rendus compte que les professionnels pouvaient eux aussi être confrontés à ces difficultés. Pourtant, nombre d'entre eux ont suivi une formation adaptée et obtenu un titre, une certification, ou un diplôme.

Comment expliquer cette réalité ? Comment y répondre ? Comment mieux accompagner ceux qui accompagnent ? Comment leur donner les moyens de mieux vivre leur métier pour des interventions à la hauteur de leur ambition ?

Ces questions nous les avons posées à des experts mais aussi aux auxiliaires de vie pour mieux comprendre l'enjeu des formations développées actuellement par Compani.

Les formations techniques existantes sont insuffisantes pour aider les auxiliaires de vie à prendre du recul dans un quotidien difficile

Pour devenir intervenant à domicile, il existe différentes voies certifiantes possibles dont le DEAES (Diplôme d'Etat d'accompagnant éducatif et social) ou encore le BEP carrières sanitaires et sociales. Néanmoins au fil des accompagnements réalisés, nous avons pris conscience que ces formations délivrent uniquement les compétences techniques nécessaires aux actes techniques auxquels ces métiers sont réduits: aides aux gestes du quotidien, aide au lever, au coucher, aide à la toilette...

La dimension humaine, indéniable dans l’aide à domicile, en est alors fortement occultée créant une forte souffrance tant pour la personne âgée accompagnée que pour sa famille et l'aidant professionnel.

"Reconnaissons enfin que nous ne sommes pas des professionnels de la toilette ou de l'habillage mais bien des professionnels de l'empathie et que notre métier consiste à créer un lien avec des personnes âgées pour qu'une fin de vie triste ne soit pas une fatalité pour elles."

Résumer l'accompagnement d'une personne âgée à en enchaînement d'actes revient à nier l'immense part que représentent les affects et émotions que peuvent traverser cette relation de confiance entre aidant et aidé.

Fort de ce constat, nous sommes allés interroger Blaise de Lanlay, formateur de Wake Up Formations qui a l'habitude d'accompagner des professionnels du médico-social.

Construire des formations centrées sur l'humain pour donner les clés d'une prise de recul constructive

Blaise nous a alors patiemment expliqué l'important vitale de développer des compétences relationnelles et émotionnelles pour faire face à la réalité du métier d'auxiliaire de vie. Cette qualité, appelée intelligence émotionnelle, peut s'apprendre, se muscler et se développer tant par des ateliers que des formations spécialisées ou des temps d'analyse de pratiques individuels ou entre pairs.

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En un sens, mieux se connaître et mieux comprendre les réactions des autres devient la clé des situations humainement difficiles et facilitent grandement la création d'un lien de qualité. Cela permet d'instaurer un climat de confiance autour des gestes techniques appris et pratiqués au quotidien. Les moments de crispations, d'anxiété, de refus d'aide voire de conflits, s'anticipent, se comprennent et se régulent amenant de la sérénité pour tous.

"L'intelligence émotionnelle est une chance."

Pour Sarah, neuropsychologue spécialiste des troubles cognitifs, son moyen de transmettre ces éléments de connaissance personnelle fut longtemps le reportage d'Olivier sur sa grand-mère touchée par la maladie d'Alzheimer. Frappé par cet exemple, nous avons provoqué leur rencontre pour comprendre comment construire les formations les plus utiles possibles pour les professionnels qui interviennent à domicile.

Prendre du recul pour mieux vivre son métier d'auxiliaire de vie

Enfin ce magazine n'aurait jamais été convaincant si nous n'avions pas entrepris de confronter ces théories au ressenti des auxiliaires de vie qui ont pu en bénéficier. Célia a accepté de se plier à l'exercice et d'ancrer dans le réel l'ensemble de ces observations.

"La formation nous permet de nous donner des pions pour pouvoir se décharger. On voit 3-4 personnes différentes dans la journée avec des histoires différentes: émotionnellement, psychologiquement, ça peut esquinter. L'objectif pour bien accompagner une personne âgée c'est d'avoir les clés pour bien le vivre au quotidien."

Toutes ces réflexions sont à retrouver dans la troisième édition de notre magazine que vous pouvez consulter et télécharger ci-dessous.

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