Aide à la mobilité d'une personne âgée, quand sortir devient une aventure !(Episode 2)

PARCOURS DU COMBATTANT

Le jour J est arrivé, deuxième rendez-vous chez le dentiste ! Là, ce n’est pas la même donne : extraction de six racines dentaires !!!!! J’ai mal pour vous.

Comme convenu hier au téléphone avec votre fille, elle sera là à 13h. Cette fois ci, à mon arrivée, vous finissez de vous préparer dans la salle de bain. Votre époux est épuisé, il a mal dormi et pour cause, il se fait du souci pour vous. Après discussion, il décide de rester chez lui, il a peur de faire un malaise.

Vous êtes gaie ce matin, et lorsque vous apercevez votre fille, c’est un ravissement pour vous.
« Ah, ma B., tu es là mon bébé. »
C’est amusant, hier au téléphone, votre fille me disait que vous étiez comme son enfant, comme quoi, le lendemain, les choses se rétablissent. Votre époux a sorti les vêtements adéquats, que vous mettez sans sourciller. À la vue du manteau de fourrure, votre fille trouve qu’il n’est pas très chaud et choisit un manteau plus adéquat, une doudoune.

Harnachée telle une expéditrice du pôle nord, nous quittons votre domicile en direction du dentiste. Votre fille me laisse pousser le fauteuil, elle n’est pas habituée. Arrivée chez le dentiste, nous vous installons en vue des extractions. Je vous laisse, ainsi que votre fille, et repars pour les courses illico presto. Je n’ai pas beaucoup de temps, je dois revenir à 14h15, afin de vous reconduire chez vous.

Choses faites, l’heure est arrivée, je repars vous chercher. A mon arrivée vous êtes allongée, la mine défaite, le regard triste. La dentiste n’a pu vous extraire qu’une racine du bas ! Pour celles du haut, dès qu’elle vous a mis la tête en bas, vous n’avez pas supporté, et avez hurlé, tant et si bien, qu’elle a dû s’arrêter. Verdict : Il faut aller à l’hôpital, en service de stomatologie, afin de vous extraire 10 dents en anesthésie général. Oh stupeur !

Nous repartons chez vous. À notre sortie de l’ascenseur, votre époux fait les cent pas sur le palier, en vous attendant. Je vous installe sur le canapé, votre époux vous rejoint, se colle à vous et vous tient la main. Votre fille explique la situation, mais que faire ? Vous avez 90 ans, il y a un an vous avez fait un AVC, nous sommes tous dubitatifs et inquiets, quant à l’anesthésie générale.

Le mieux serait dans un premier temps de demander l’avis de votre médecin traitant et de commencer les investigations afin de trouver un rendez-vous en stomatologie, à la Pitié-Salpêtrière, Hôtel Dieu ou Saint Joseph, pour un deuxième avis. Votre époux appelle votre médecin, il viendra lundi. Votre fille contacte ces hôpitaux, pour Saint Joseph, premier rendez-vous en mai. Les autres ne répondant pas, il faudra attendre demain. Sinon, une autre solution serait d’appeler les urgences, et d’être transférée, avec une attente allant de 3h à 5h.

Tout est compliqué quand il s’agit d’une spécialité. Tout est compliqué quand vous êtes vieillissant avec une pathologie cognitive. Rien n’est simplifié.

La douleur commence à apparaître, nous n’avons pas pensé (ni le dentiste d’ailleurs) à vous donner un Doliprane avant, en prévention. Je vais dans la cuisine, pensant trouver des glaçons au congélateur, mais il n’y en a pas. Juste un pack en plastique congelé. Je vais chercher une serviette éponge, entoure le pack et vous l’apporte afin que vous l’apposiez sur le côté gauche de votre visage. C’est froid, oui, mais cela vous fera du bien : vous le gardez. Vous ne vous plaignez pas, vous êtes costaud, très costaud. Plus tard, vous nous dites que vous n’avez plus mal, que ça vous a fait du bien. Vous ne pouvez pas manger jusqu’à ce soir. Tant mieux, vous n’avez pas faim. Outre les plats moulinés que vous n’aimez pas, pendant une semaine vous devrez manger froid : c’est pas gagné !

DEUXIÈME AVIS ET FIN

Après toutes ces péripéties, 10 jours se sont écoulés ou vous étiez sous antibiotiques et repas froid. Le lendemain de votre extraction, sur le côté de votre joue est apparu un magnifique hématome.Entre temps, votre fille a pu trouver un stomatologue en ville et vous avez de nouveau un rendez-vous, pour un deuxième avis.

Ce jour là je ne peux pas vous accompagner, je me suis arrangée avec une collègue d’une autre communauté, qui ira avec vous et votre fille. Le départ est prévu à 17h30, un taxi vous attend en bas. 19h, retour chez vous, pas de nécessité d’extraction dentaire, pas d’infection, tout est bien.

Comme quoi, un deuxième avis n’est pas du luxe.

Nous sommes tous soulagés, la vie peut reprendre son cours, entourée de vos pelotes de laine, à tricoter et tricoter encore…

Un témoignage à retrouver sous format audio ci-dessous. L'épisode précédent concernant cet accompagnement est à retrouver dans notre article

Texte écrit par Isabelle, Auxiliaire d'Envie