De l’auxiliaire de vie à l’auxiliaire d’envie

Nous avons créé Alenvi pour répondre à un paradoxe. Le nombre de personnes âgées dépendantes, touchées par des troubles cognitifs, va fortement augmenter dans les 15 prochaines années. Ces personnes ont besoin d’un accompagnement à domicile centré sur la stimulation et la relation humaine: continuer au maximum à avoir des activités, grâce à des personnes de confiance, c’est selon les spécialistes le meilleur moyen de leur faire passer des bons moments, d’éviter les crises, d’épargner au maximum l’entourage et de retarder une éventuelle entrée en institution. Si cela correspond heureusement déjà à ce que font beaucoup d’auxiliaires passionnées, force est de constater qu’il y a encore à faire pour que la majorité des professionnels du secteur puissent jouer ce rôle d’accompagnement humain. Le métier d’accompagnant à domicile est en effet souvent enfermé dans des représentations héritées du passé. Qu’on le voie au travers du modèle hygiéniste issu de l’action sociale, au travers du modèle sanitaire issu du monde de la santé publique ou au travers du modèle domestique de l’emploi à domicile, on rate souvent l’essentiel, comme l’a très bien démontré Florence Weber dans le Salaire de la Confiance. De fait, on ne se donne pas collectivement les moyens de former et de valoriser les auxiliaires de vie. Contraintes par un cadre réglementaire et un manque de financement, les structures qui les emploient ont tendance à proposer des cadres de travail précaires, quasiment pas de formations, des rémunérations faibles et des cultures organisationnelles verticales ne favorisant ni l’autonomie des auxiliaires, ni la collaboration entre collègues.

Il est temps de proposer une nouvelle vision du métier d’auxiliaire de vie, que nous appelons chez Alenvi “auxiliaire d’envie”. L’auxiliaire d’envie fournit une aide aux gestes de la vie quotidienne mais se sent également responsable d’aider la personne âgée à réaliser son projet de vie, à avoir des activités compatibles avec son état de santé. Il est formé en continu pour décoder l’attitude de la personne qui a des troubles cognitifs, et adapter son accompagnement. Il voit l’aide dans son ensemble, interagit avec les autres professionnels (médecins, infirmiers, kiné, orthophonistes…) et oriente l’entourage familial vers des organismes qui peuvent les aider. Lorsqu’il évolue au sein d’une structure, il peut compter sur ses collègues pour le remplacer lorsque c’est nécessaire, partager avec lui leurs expériences et le conseiller lorsqu’il rencontre une situation difficile avec un bénéficiaire.

Pour qu’un maximum de professionnels vivent leur métier de cette façon, nous nous efforçons chez Alenvi de repenser de fond en comble la manière dont les organisations d’aide à domicile fonctionnent, avec certains objectifs en tête :
  • Valoriser le métier et fournir un cadre de travail stable : cela passe par un CDI à temps plein et une rémunération supérieure au marché (autour de 20% au dessus du SMIC).

  • Attirer des profils variés pour enrichir l’équipe de toutes les expériences et permettre d’avoir la bonne personne pour chaque situation. Auxiliaires de vie, Aides Médico Psychologiques, Aide-soignants : tous peuvent apporter énormément en tant qu’auxiliaire d’envie.

  • Former en continu est vital, comme dans tous les métiers difficiles. Qu’il s’agisse du coeur de métier ou de la capacité à collaborer, des rappels théoriques en e-learning et des sessions d’analyses des pratiques permettent à chacun de se développer.

  • Favoriser la coopération permet d’améliorer le bien-être au travail et la qualité des services. Dans un métier où l’on doit en permanence conjuguer empathie et efficacité, où l’on doit donner de sa personne, où la subjectivité joue un grand rôle dans l’appréciation de la qualité des services, les décisions et les règles de travail collectives sont beaucoup mieux vécues lorsqu’elles sont partagées en équipe. C’est aussi l’opportunité de faire émerger une intelligence collective s’appuyant sur le vécu de chacun, au bénéfice des clients. Chez Alenvi, nous développons la coopération grâce à notre modèle de communauté qui vit au travers de réunions d’équipe toutes les deux semaines centrées sur la qualité des services, de rites d’intégration.

  • Partager l’information et la décision est possible grâce à la technologie. Pour être autonome, les auxiliaires doivent pouvoir simplement obtenir toutes les informations concernant le planning, les bénéficiaires, et quand c’est nécessaire pouvoir eux-mêmes mettre à jour ces informations. Nous permettons cela grâce à la révolution technologique des chatbots. Via un simple chat, les auxiliaires peuvent gérer leur travail chez Alenvi, sans aucune connaissance informatique préalable. Ainsi l’information est à disposition de tous : il n’y a pas de pouvoir lié à la concentration de l’information dans les mains d’une seule personne.

Notre modèle est encore en construction mais les résultats de notre première communauté pilote sont particulièrement encourageants ! Construire des communautés de personnes épanouies dans leur travail au bénéfice des personnes âgées, n’est pas une utopie. Heureusement car on parle du bien être de millions de salariés et personnes âgées dans les prochaines années !